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Quand viendra frapper à sa porte
L’homme à la grande faucille
Elle lui dira sans doute qu'il l'emporte
Car elle a eu une belle vie.

Elle a connu la tristesse
De longs et durs moments de peine.
Mais elle a connu aussi l'allégresse
Des petits moments de bonheur par dizaine.

Elle a trouvé son chemin de fortune
A travers les arcanes des embûches.
Elle a oublié toutes ses rancunes
Car elles finissaient par avoir le goût de merluche.

Dans cette vie son expérience
Lui a appris qu'il faut espérer.
Que si on a de la patience
On finit par connaître la sérénité.

Qu’il ne suffit pas de prendre le train
Qui mène au bonheur.
Encore faut-il être certain
Qu'il s'arrête dans notre demeure.

Il faut essayer de vivre heureux
Au milieu des tempêtes qui agitent le monde.
Même si cela est parfois très douloureux.
Vivre à plein temps chaque seconde.

Quand viendra frapper à sa porte
L’homme à la grande faucille.
Elle lui dira d’attendre avant qu’il ne l'emporte
Car elle n’a pas encore fini sa  vie

Elle veut encore marcher à travers les chemins
Cueillir quelques mûres dans les fourrés épais
Elle veut encore entendre le son de cette musique
Qui remplit de douceur ses heureux lendemains.

Elle veut encore aller au gré du vent
Vers un  monde plus doux.
Elle veut encore aller au gré du temps
Vers ses espoirs les plus fous.

Quand viendra frapper à sa porte
L’homme à la fourche patibulaire.
Elle lui dira que le diable l’emporte.
Car c’est décidé, elle vivra centenaire.

M.N Littlesun